Comme une mauvaise herbe
J’ai chez moi un grand jardin , trop grand jardin a entretenir. Étant seul sans seconde main à mettre à la pâte, je n’arrive pas à ne prendre le total contrôle. Chaque fois que j’enlève les mauvaises herbes, je m’échine pendant des heures à arracher pousse par pousse chacune des envahisseuses, pour en arriver à une portion de plate-bande à peu près raisonnablement aménagé. Je dois pendant des heures , à genoux , avec les doigts , saisir chacune de ces foutus plantains, pissenlits, et autres saletés. Le but en extraire le plus de racines possibles afin de leur laisser le moins de chance possible de revenir.
Le problème est que je n’ai pas le temps de tout faire le jardin d’un coup, et je n’ai pas toujours du paillis a mettre à la place pour les contrer. Je sais, je ne suis pas bien organisé , mais c’est comme ca. J’arrache pendant des heures, je retourne au jardin la semaine suivante pour régler une autre section du jardin, j’ai oublié de mettre du paillis sur les portions déjà faites et voilà que c’est à refaire. Il y a tant à faire que chaque partie doit être complétée avant de passer à une autre, sinon c’est la boucle sans fin.
C’est pareil en amour, si on ne règle pas correctement et complètement nos « attente », nos « portion de la grande maison » de l’Amour, on n’en sort pas. On passe notre temps à en arracher. Les même « pattern » reviennent nous hanter, nous briser, nous remettre à genoux pour en arracher.
Mon problème au jardin vient d’une mauvaise habitude de vouloir finaliser, comme dans la vie en général. Je veux avoir le beau jardin en fleur , impeccable , et si possible statique… c’est à dire sans entretien. C'est chaque année pareil, je veux au printemps planter des annuelles , je vais les chercher le samedi après-midi , je plante entre 13 :00 et 16;00 hrs. Puis je m'imagine pouvoir admirer un superbe jardin foisonnant pendant le reste de l’été.Mais en fait je "l'admire" à la course le matin entre la toast rotie et la dernière gorgé de café juste avant de partir travailler.
Mais le jardinage c’est comme l’Amour, ca doit être entretenu, ca demande des efforts constants, et on doit, pour en jouir correctement en profiter tout le temps. Pas d’usage à la sauvette, quoique pour ce point précis ce n’est peut-être pas interdit, en autant que ce n’est pas toujours à la sauvette. C’est simple on ne finis pas un jardin , on est et on vis avec notre jardin. On ne tombe pas en Amour, on est en Amour, on vis l’Amour.
Je retourne à mon jardin, j’ai laissé tomber la quête désespéré, parce que je n’ai pas réussi par ce chemin . Je retourne faire mes classes au jardin . Je vais voir si je peux en prendre soin, si je peux vivre avec. Si je réussi à en faire un beau jardin alors je saurai que je peux aimer une femme correctement. Si je réussi à y mettre les efforts constants , à prendre le temps d’en profiter sans précipitation , sans le besoin d’en finir. Si j’ai envie dès que possible de retourner dans mon jardin, si je n’ai pas le besoin que d’autre que moi ne l’aime, alors peut-être je serai digne d’aimer une femme convenablement.
Lorsque vous croiserez un jardinier accompli sachez que celui là a les qualités pour aimer.
Libellés : l'Amour
Sous l'onde, la vérité
Je vais encore à la rivière durant l’heure du lunch, et j’apprend des choses, chaque fois que j’observe la nature elle me dit un nouveau secret. En fait ce n’est un secret pour probablement personne, pour moi parfois oui, ou plutôt une illumination , un éveil.
J’ai remarqué lors de ma dernière visite un banc de perchaudes venu frayer près du rivage, des petites et d’autres un peu plus costaudes.
Je les observais , tout en cherchant tout près de là ceux qui devaient inexorablement se pointer. Les autres , les gros , les vilains , …
Il est arrivé. En premier je croyais que c’était une ombre… mais une ombre ca ne bouge pas…..Je l’ai vu , s’avancer presque imperceptiblement, assez lentement pour que je doute de mes yeux, puis dans une vague plus creuse que les autres j’ai apercu sa nageoire dorsale, un brochet, un petit. Promenant mon regard j’ai alors compris ce qui se passait, ils étaient là. Pas un , ni deux, mais bien une demi-douzaines, tous assez petits.
Je croyais qu’ils rodaient à la recherche d’une petite perchaude isolée.
Là j’ai vraiment compris, au travers de remous violents derrière le banc de perchaude à la lumière d’une éclaircie j’ai bien vu briller quelque chose. J’ai scruté les vagues et remous ,presqu’à m’étourdir. Intensement j’ai garder le focus sur ce remous plus violent derrière le banc de perchaude et j’ai vu son ombre se dessiner, … presque 90 cm de brochet affamé en embuscade prêt à bondir.
Je n’ai pas assisté à la curée, je devais retourner au travail, je crois que je préférais ne pas voir. C’en est parfois ainsi de choses qu’on découvre en sondant les profondeurs, parfois on apprend des choses qu’on aurait peut-être préféré ne pas savoir. Pourtant c’est la seule voie valable; la fuite, le déni ne servent à rien. À fouiller les profondeurs ont découvre des vestiges lugubres parfois, des trésors aussi.
Faire face à la réalité est la seule facon d’avancer , d’évoluer , de progresser vers la liberté, la vraie. La liberté de choisir en sachant très bien que l’on ne sait presque rien. La liberté de prendre des décisions avec le plus de clarté possible , le plus de responsabilité face à nos choix. La liberté de savoir que cette route est le notre , celle de personne d’autre. La liberté de jouir jusqu’à plus soif de nos victoires et de pleurer jusqu’à la sécheresse de nos erreurs et échecs.
Libellés : réflexion
J'arrive tout juste d'un cocktail bénéfice pour le 35ème anniversaire de création de l'organisme Secours-Amitié Estrie. On a eu droit a l'émouvant témoignage d'une ancienne "Écoutante" , à un très bon discours du recteur de l'Université de Sherbrooke Bruno-Marie Béchard et de Pierre-Hugues Boisvenu qui étaients présidents d'honneurs.
Cet organisme a recu 250,000 appels depuis sa créations.....ca en fait du monde en détresse, du monde seul ,du monde désespéré. Et comme disait M.Béchard , il y a une hausse important des cas de détresse dans nos milieux.
Supportons ces organismes et faisons les connaitre pour que ceux , au moment ou il en auront besoin , penseront à les apppeller.
J'aurais du les appeller à certains moments , je n'y ai pas pensé.
Libellés : plug
Sonder l'onde trouble
Chaque jour , enfin presque quand la température le permet, je vais marcher sur la piste cyclable qui borde la rivière et je m’arrête prendre mon lunch près du barrage. C’est agréable de pouvoir prendre l’air à cinq minutes du bureau, humer le parfum des grands Pins, écouter les oiseaux et l’eau qui coule et profiter des premiers rayons du soleils du printemps quand il y en a .
Ce midi, il faisait beau soleil avec un vent un peu frais. Je venais de terminer mon repas et je me suis approché du bord de la rivière pour tenter d’apercevoir des poissons frayer près du rivage. À cette période de l’année les cours d’eau sont chargés, les niveaux sont élevés, et le courant très fort. Ce fort courant, les nuages, les remous et les vagues rendent difficile l’observation des poissons, même que c’est particulièrement étourdissant au début. Il faut faire preuve de persévérance, et de patience.
Après un certain temps , l’œil s’habitue puis on remarque une masse sombre, on pense même à une illusion , et soudain la masse bouge tout doucement, et on la perd de vue, pour ensuite le retrouver plus claire ,plus nette. C’est bien un poisson et un gros en plus, il doit bien faire dans les quarante centimètres, probablement une carpe . Je comprend que pour des pêcheurs chevronnés une carpe c’est assez « poche » comme poisson , mais c’en est tout de même un, j'en ai donc trouvé un.
Ceci m’a amené à une réflexion toute simple, rien de bien neuf mais inspirant.
Comme j'ai trouvé la carpe, je souhaite que tous puissent apprendre à voir sous l’onde agité, dépasser la limite de ce qui est apparent et facilement observable.
Comme j'ai trouvé la carpe, je souhaite pour tous que ce qui nous semble trouble , confus, sombre arrivent à devenir clair.
Cherchons à voir au delà des apparences, pour découvrir ce qui se cache sous cet onde trouble, sous ce masque agité, sous cette déformation causé par le vent qui souffle.
Mettons ce qu’il faut d’effort , parce qu’il faut des efforts soutenu pour parvenir à voir le trésor qui se cache au fond de la rivière, parfois même regarder de l’extérieur ne suffit pas ,il faut plonger nous même pour aller trouver et avec de la chance ramener avec nous le trésor.
Sonder l’onde trouble !!
Libellés : réflexion