samedi, février 23, 2008

Souvenirs d'enfance VII- La Ferme de St-Pie

Mes amis Martin et Louis étaient issu d’une famille très aisée de la ville . Leurs parents étaient des professionnels et possédaient en plus une compagnie d’assurance. Un jour il ont décidé de faire un trip de fermier; il se sont procuré une vieille ferme délabré de St-Pie. Pour ne pas que les garcons s’ennuient ceux-ci pouvaient inviter des amis . On se retrouvaient chez Martin pour passer la fin de semaine complète sur la ferme. On arrivait le vendredi après l’école et sa mère nous servait à souper . Ensuite dès que son père revenait du travail , l’aventure commencait.

Le trajet pour St-Pie nous amenait à passer au travers de la petite montagne séparant St-Pie de la municipalité de La Providence. Je m’étais rendu au bas de cette colline une fois en vélo sans avoir réussi a me rendre plus loin. Le chemin n’était pas asphalté et de nombreuses bosses le rendait difficilement carrossable. Son père aimait passer là avec son camion quatre roues motrice. Il nous donnait toute une randonnée ; accélérait juste avant les bosses pour nous faire rebondir à l’arrière du camion , donnait des coups de volant pour faire déraper le camion dans les courbes.

En arrivant on installait nos choses dans notre chambre et on allait voir les travaux à l’écurie. Ils avaient complètement vidé l’ancienne écurie et avait entrepris de refaire les enclos. les murs extérieurs avaient été repeints au complet. J’aimais passer du temps dans l’écurie à discuter avec leur père de ses projets et des étapes de construction. Il semblait aussi apprécier mes questions et me montrait l’avancement des travaux et les morceaux de bois qu’il avait fait fabriquer ainsi que comment il comptait les utiliser. J’allais l’aider dès que nous arrivions contrairement aux deux frères blasés qui ne s’intéressait pas aux travaux mais plutôt à s’amuser avec la moto. Je crois que c’est son père qui insistait auprès de ses fils pour qu’ils m’invitent à la ferme.

Je passait récolter les œufs et m’émerveillais de tout ce qui se passait ; le nouvel agneau , la pouliche qui était en gestation , bref toutes sortes de choses que mes amis ne remarquaient pas. L’odeur de la paille , du foin et de l’herbe fraichement coupée de même que l’odeur du bois de construction , toutes ces odeurs me transportaient . La rivière derrière la maison, dans laquelle on alllait se baigner , le bruit de l’eau, le chant du coq au matin ,le hennissement des chevaux , le chant des oiseaux toutes sortes de sons magiques qui me faisait rêver.

Je n’avais jamais été en contact avec la campagne avant et cela me ravissait. Un jour en passant au travers de la colline on a vu coup sur coup , un renard roux et ensuite un chevreuil. Le même soir en arrivant à la rivière on a vu un rat musqué et ensuite un martin-pêcheur. Pour moi l’observation d’animaux tenait du miracle. Jamais dans la ville on ne voyait de telle choses, pour moi la vie sauvage se déroulait très loin de chez nous dans les grands espaces du Nord, jamais je n’avais pensé voir des animaux sauvages près de chez moi.

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mardi, février 12, 2008

Et hop , je reprend la mer !!

Bon, comme c’était ce que je cherchais ça m’a repris droit au coeur, j’ai repris la mer…..Souhaitons que cette fois ce ne soit pas l’amer.
Je cherchais tous azimuts cette brise légère qui nous pousse à aller plus loin, qui nous donne des ailes, qui nous transcende, et encore une fois je crois que je l’ai trouvé.
Dans quelque jour elle recevra un messager qui lui montrera qu’elle aussi a peut-être trouvé. La question qui des deux sera le premier déçu, s’il faut vraiment que ça arrive un jour.
Parce que de nos jours il semble inexorable que ça se produise, mais comme nous n’en sommes qu’au début, pourquoi penser à cela. Profitons de la brise, profitons de cet élan qui nous emporte. Laissons nous voguer sur cette vague douce, laissons la folie nous gagner jusqu’à faire l’Amour tout habillé.
C’est l’ivresse d’un parfum de printemps en plein hiver glacial. C’est la chaleur d’une présence au travers d’un blizzard.
C’est tout pourquoi tant de gens espèrent et se battent furieusement, et quand ça nous revient on se souvient du pourquoi on s’est débattu si fort pour le retrouver. Ces moments qui parfois ne durent pas, valent toutes les attentes, et toutes les peines.
Je me souviens maintenant que j’avais déjà connu de tels moments, comment fait-on pour vivre sans !!

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samedi, février 09, 2008

Souvenirs d'enfance-VI - Caddy

Dans ma jeunesse les parents ne donnait que rarement de l’argent de poche, il était normal de faire quelques petit travaux si on voulait avoir des sous. Le moyen le plus rapide d’avoir de l’argent à l’époque était de faire le Caddy au golf. Le club de golf de St-Hyacinthe disposait d’un abri spécifique pour les caddy. La règle était que le premier arrivé était le premier à être choisi par les joueurs sauf dans des cas ou un joueur demandait un caddy en particulier. D’être caddy particulier était le summum de la carrière. J’ai eu ce bonheur d’être choisi par un joueur.
J’étais arrivé assez tard ce matin là , vers neuf heure. J’avais du aider à faire le ménage du samedi car je m’étais levé trop tard pour avoir le temps de m’esquiver au golf. Arriver au golf à neuf heure voulait dire que mes chance de trouver preneur était assez mince. Les joueurs qui prenaient des caddy étaient toujours matinaux , les joueurs moins matinaux n’avaient pas l’habitude de prendre des caddy. Arrive un joueur avec un superbe sac blanc , je me suis mis à rêver que celui-ci viendrait me demander. Malheureusement le gars semblait se diriger vers le départ sans faire attention à moi , l’abri pour caddy étant placé en retrait à environ cent pied du tertre de départ quand le joueur se dirigeait directement vers le tertre il ne désirait pas avoir de caddy. je l’observait de loin quand il s’est approché du préposé au départ pour lui parler. J’ai vu le préposé pointer son doigt dans ma direction et me faire signe de m’approcher.
J’était tout excité à l’idée de porter son sac blanc même s’il semblait énorme. Le préposé me dit alors :" Mr Phaneuf veut que tu traîne son sac"
Je prend le sac à l’épaule et celui-ci me dit :"Non ,non !!! prend le pas sur ton épaule , vas chercher un chariot" Wow, un superbe sac , un joueur gentil et en plus un chariot, une vrai belle journée.
Le joueur avait environ une trentaine d’année , semblait sportif et habillé élégamment. Les autres joueurs me semblait moins raffinés et moins jeunes. Mr. Phaneuf me demanda si je connaissait le golf et si je savais quels bâtons utiliser.
" Bien sur , mais je ne peut pas vous dire quel bâton prendre sans savoir avec quelle force vous frappez!!"
" Bravo , bonne réponse !!!! On vas faire une affaire , je joue deux trous sans que tu me dise quoi faire et après tu vas décider. Si je ne suis pas d’accord je vais te le dire mais je vais prendre le bâton que tu m’as dit , on vas voir si tu est bon. Tu vois , j’ai gagé avec les autres joueurs , si tu te trompe trop je vais perdre ma gageure. Est-ce que tu est d’accord avec ca ?"
" O.K. Je vais faire attention"
Le fait est que Mr. Phaneuf frappait comme une horloge. Ces coups étaient toujours égaux, donc le choix des bâton était vraiment facile à faire. Il était toujours d’accord avec mon choix de bâton , en fait presque toujours. À deux reprise je lui ai recommandé de prendre un fer quatre au lieu d’un fer neuf pour une approche. Un arbre se trouvait devant nous avec le bas dégarni. Mon idée était de passer sous l’arbre au lieu de tenter de passer au dessus, je pensait qu’il était trop proche pour passer au dessus. Il n’était pas d’accord , mais là fait quand même. Son coup était parfait , il s’est retrouvé à trois pieds de la coupe. Mon sort était réglé , sa partie avec un pointage de quatre vingt deux était son meilleur à vie, j’allais être son caddy attitré.
J’ai été son caddy à toutes les semaine pendant tout le reste de l’été. C’était merveilleux ,il me donnait $5.00 dollars par partie et en plus il me payait un diner au neuvième trou. Il me racontait des anecdotes sur les autres joueurs et me parlait de son entreprise. Il était propriétaire d’une compagnie qui fabriquait une laine innovatrice qui allait passer à l’histoire. Les pantoufles tricotées en Phentex, celle que tous ont eu en cadeau ,dont tous se sont moqué mais que tous ont préféré.
Il y avait à cette époque un tournoi majeur qui avait lieu à Ste-Hyacinthe; le tournoi Desjordy-Rousseau. Desjordy et Rousseau étaient des anciens joueurs de hockey de la ligue Nationale. des joueurs comme Jean Béliveau , Serge Savard, Jonh Mahovlich étaient encore actifs et participaient à ce tournoi. Une année un joueur particulièrement flamboyant des Bruins était avec sa Rolls-Royce , John Sanderson . Il venait d’obtenir un contrat faramineux et était arrivé en taxi au club de golf suivi de sa Rolls-Royce . C’était le premier joueur de la ligue à se comporter comme une vedette de Hollywood.
Pour tous les caddy de la ville s’était le moment de gloire de l’année. La chance allait- elle être avec nous et être choisi par une vedette ou par un des autres joueurs bien ordinaire du tournoi??? On arrivait dans l’abri à quatre heures du matin pour avoir une chance d’être choisi par les vedettes qui étaient toutes très matinales. Pendant qu’on attendaient les plus vieux racontaient des histoires sur les joueurs. Selon eux Jean Béliveau était très gentil mais John Mahovlich était très bête. On racontait qu’un tel joueur trichait tandis qu’un autre poignait les fesses en cachette de la femme d’un autre joueur. Un gars a raconté qu’une année il avait surpris un joueur à tenter de caresser les seins d’une serveuse de force. Bref toutes sortes d’histoires plus abracadabrantes les unes que les autres . Malheureusement je n’ai jamais eu la chance de porter le sac d’une vedette. Une fois j’ai porté le sac d’un ancien joueur des King . J’ai porté son vieux sac à l’épaule, le gars jouait très mal , il n’écoutait pas mes conseils , ne m’a rien donné comme lunch au neuvième trou et en plus ne m’a payé que $2.50 soit le prix minimum qu’un joueur doit payer pour un caddy.
C'était merveilleux comme travail , pour l'herbe, pour la rosée, pour les odeurs de pin , pour les oiseaux, pour le soleil, pour le hot-dog au neuvième trou, pour les beaux coup de golf, et pour l'effort aussi. C'est dommage pour les jeunes d'aujourd'hui ce "métier" n'existe plus, il a été remplacé par les carts électriques. Dommage parce que ca nous faisait entrer dans le monde du travail d'une facon unique, magique. L'attente fébrile très tôt le matin dans le froid. On avait nos "King" , ceux qui avait un "joueur attitré" , et cet été là j'étais devenu un de ceux là .

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jeudi, février 07, 2008

Mes Vieux Parents

Nous avons fait le chemin avec eux. Depuis notre enfance nous avons parcouru ces années avec eux. Hier nous sommes allée vers le grand changement pour eux. Hier nous avons déménagé mes parents dans un centre pour personnes âgées. Une espèce de gros HLM pour personnes âgées sans trop savoir si mon père avait fait un choix éclairé, sans trop savoir ce qui les attend.
Parce que j’en ai vu des « Vieux » entrer dans ces centres et commencer à dépérir de solitude, de brimades, de mauvais traitements. Parce qu’il y en a des très bons centre de personnes âgées, et il y en a malheureusement de très mauvais. Parce qu’il faut admettre que parfois nos « Vieux » vont se plaindre et avec raison , et que notre écoute n’est pas toujours très attentive, par l’effet de l’habitude peut-être, ou par l’effet de notre rythme de vie effréné qui ne nous permet pas d’être toujours conscient de ce qui se produit autour de nous.
Et comme le déménagement ne s’est pas très bien passé… j’avais beaucoup d’appréhension que les débuts se passent mal. Mon père avait tout planifié; il avait pris toutes les mesures et clairement indiqué sur toutes les boites leurs contenu. Le problème c’est que personne n’a vérifié si la séquence pouvait être importante dans l’ordre du déménagement, et malheureusement c’était le cas.
Lorsqu’on s’est mis à transférer toutes les boites avant d’amener les meubles importants on a créé un genre de panique; comment loger toutes ces boites dans un tel appartement ? Et les meubles ne pouvant être entrée dans l’appartement, ils se sont retrouvé enligné dans le corridor, avec pour effet d’augmenter la panique.
Il a fallut provoquer un effet de tsunami pour solutionner le problème. Premièrement ça prend une espèce tremblement de terre pour causer l’effet voulu…. Le tremblement de terre c’est moi….. J’entre dans une pièce et me mets à frénétiquement empiler les boites jusqu’au plafond créant ainsi un vide dans un des coins de la pièce. Alors on insère le premier meuble vide pris dans le corridor qu’on empli de livres, vaisselle, etc.… Ce qui permet de significativement diminuer l’espace pris par les dites boites. Comme on doit s’y attendre l’effet tsunami n’est pas sans effet collatéral……Bof, après quelques minutes les conséquences se résorbent d’elles mêmes surtout quand le dernier meuble qui encombrait le corridor à été entré dans le logement. Ben oui, ça rentrait !!!! S’agis de ne pas paniquer !!!
Et après cet épisode de panique, je croyais bien que les premières expériences dans le centre allaient s’avérer désastreuses. Il faut dire que c’est mon père qui a insisté pour déménager; ma mère devenant de plus en plus fragile , il avait une peur bleu de se retrouver dans une situation critique et de ne pas être en mesure de faire face correctement.
Donc le lendemain j’essaie de les rejoindre au téléphone sans succès tout l’après-midi. Je commençais à être anxieux lorsque j’ai débarqué à leur nouveau logement en fin d’après-midi. C’est drôle comment on peut douter de nos propres parents quand il commence à prendre de l’âge. Ils m’ont reçu tout enjoués, et mon père de me raconter comment il avait engueulé le préposé du Bell qui ne leur avait pas fait le raccordement du téléphone comme prévu. Il me racontais ça en riant. E les deux de me raconter leur rencontre avec des résidents si charmants, et ma mère de m’expliquer qu’elle a déjà des contrats de cours d’artisanats en négociation…
Quand j’ai fait mon compte-rendu aux autres membres de la famille ils n’en revenait tout simplement pas….
Il faut tout simplement se souvenirs que nos aïeux en ont vu d’autres et qu’ils ont encore malgré quelques baisse de régime, peut-être plus de ressources que ce qu’on en pense !!!!!

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mardi, février 05, 2008

Souvenirs d'enfance V- Marché Centrale

BONS COUPS , BONS SOUVENIRS

L’enfance nous laisse aussi de très bons souvenirs , ceux qui vous porte aux nues et vous font penser que vous êtes bons. Ceux qui vous reviennent comme un vent de fraicheur plusieurs années plus tard au hasard d’une promenade , d’une odeur captée dans le vent , d’une image ou d’un son.

Marché central

Chaque été mes grands-parents maternels m’emmenais demeurer chez eux pour une semaine ; j’étais le seul qui voulais y aller. En fait mes grands-parents n’étaient pas particulièrement intéressant pour un enfant normal. Ils avaient des difficulté à se mouvoir et ne pouvaient se permettre des dépenses folles.
Ma grand-mère était affecté sévèrement de l’arthrite ; elle avait les mains et les pieds toutes déformées. Elle ne se plaignait pas à ma connaissance de sa maladie mais ne pouvait faire certaines activités à cause de cela. C’était une femme toute menue âgé à cette période de 70 ans environ. Sa maladie lui avait rendu les joues creuse et le teint livide . Sa peau était toute plissée et séché par des années de dur labeur.Les déformations de ses pieds l’avait obligé à ne se chausser que de pantoufles . De plus , l’apparition d’énormes bosses nécessitait qu’elle fasse des entailles dans ses pantoufles pour permettre le passage de ces bosses. Ses mains étaient assez déformées qu’elle ne pouvait pas mettre celles-ci à plat sur une table.Quand la paume de ses mains étaient à plat , ses jointures se retrouvaient alignées une au dessus de l’autre formant un angle de 45 degré avec la table. Ma grand-mère n’était pas belle mais comme je lui avait déjà dit innocement :" Grand-maman , toi , tu n’est peut-être pas belle mais tu est fine!!!" Ma mère m’avait sévèrement grondé quand j’avais dit cela mais ma grand-mère elle n’avait fait que me taquinner . Elle était tellement rassurante et tellement douce. Elle nous donnait des bonbons rose ; "des paparmannes" (Peppermint). Elle me racontait toutes sortes d’histoires dont je ne me souvient plus en détails , ce dont je me souvient surtout c’était la chaleur et la tendresse qu’elle me transmettait. Elle avait eu une enfance de misère , vivant dans des camps de bucherons avec sa mère . Sa mère faisait la cuisine et le ménage pour les bucherons . ceux-ci n’étaient pas toujours gentils , elle se rapellait avoir vu sa mère se faire frapper par un bucheron mécontent parce que sa mère avait repoussé ses avances. Ensuite lorsqu’elle était parti de chez elle adolescente , elle s’était retrouvé à travailler comme bonne dans une maison de riche avec un salaire de crève-faim. Plus tard elle avait rencontré mon grand-père , vieux garcon de 30 ans d’une famille assez aisée et avait réussi à se faire épouser par lui malgré l’opposition de sa belle-mère.
La seule activité que nous faisions ma grand-mère et moi à l’extérieur de la maison était d’aller à la bibliothèque.Elle ne lisait pratiquement jamais mais adorais aller avec moi à la bibliothèque. Je lui avais indiqué un jour que j’adorais lire et elle en avait profité pour me promettre d’aller avec moi à la bibliothèque. Depuis ce temps , c’était notre sortie commune à chaque visite estivale. Elle me contait qu’elle avait beaucoup de difficulté à lire mais qu’elle aimait l’atmosphère silencieuse de ces lieux. Ca lui rapellait un monastère.Je crois qu’elle aurait aimé être une Sœur dans un couvent mais que sa conditions sociale ne lui avait pas permis , on ne recrutait les Sœurs que dans la bonne société pas chez les démunis comme elle. Elle était aussi très pieuse , on récitait le Chapelet à chaque soir en écoutant la radio. Quand je revenais de chez elle, il m’arrivais encore de trouver des médailles Saintes à divers endroits même plusieurs semaines après mon retour.
Mon grand-père lui était le type même du vieillard bourru et bougonneux. Ils souffrait de diabète sévère mais ne portait pas trop attention à son alimentation , pas plus qu’à l’exercise et il fumait la pipe. Sur le dessus du vieux réfrigérateur trônait sa superbe collection de pipes. Il y en avait des dizaines toutes plus travaillée les unes que les autres. Certaines était droite et simple ,d’autres étaient recourbées , il y en avait en ivoire , en bois , en coton de mais , certaines lisses et d’autres finement cisellées. Elles étaient installées sur un support rond avec dans le centre la blague à tabac en cuir . Les odeurs qui flottaient dans la cuisine mêlaient leurs arômes avec celles dégagées par la cuisson de ma grand-mère , le tout formait un mélange sublime qu’on ne retrouve plus de nos jours. Grand-père servait de modèle quand ma mère voulait me réprimander de mes comportements émotifs. Elle me disait alors :" Veux-tu devenir un vieux malcommode comme ton grand-père Labrecques ?? Si tu n’arrête pas de te plaindre et de toujours chialer tu vas devenir comme lui quand tu vas être vieux!!!"
Malheureusement pour ma mère je ne trouvais pas qu’il était si chialeux , bourru un peu peut-être mais pas chialeux. Les journées la-bas coulaient comme un fleuve tranquille . Le matin on se levaient tout doucement avec l’odeur du gruau que ma grand-mère avait préparé. Puis après que grand-père ait complèté sa toilette il m’emmenais à pied au marché Central faire les provisions. Là bas il me présentait fièrement aux marchands. On trouvais au marché plein de bonnes choses ; des fruits frais , des légumes appétissants , des fromages , des charcuteries ,de la viande fraiche et du poisson. Il y avait aussi une boulangerie et une pâtisserie.Pour le reste on allaient à l’épicerie du coin en revenant. C’est là que grand-père succombait à mes supplications et m’achetait des gâteries ; "Des PoP-Tarts" En faisant semblant d’être très contrarié par mes jérémiades, il me faisait taire en placant dans le panier avec un sourire en coin , une boite de ces petites patisseries faite pour aller au grille-pain.Parfois même il faisait un détour pour aller m’acheter des vêtements. Ses gôuts vestimentaires n’était pas tout à fait concordant avec les miens mais je me prêtais au jeu avec plaisir. Il arrivait alors à la maison et tout fier de s’être occupé de son petit-fils , il montrait à ma grand-mère ce qu’on s’était acheté. Pendant nos promenades , il me questionnait sur toute sortes de sujets ; ce que j’aimais comme musique , ce que je lisait , ce qu’on faisait comme activité avec mes amis et même les mauvais coup que je faisait. Il profitait toujours de l’occasion pour me raconter un des mauvais coup qu’il avait fait jeune . À toutes les fois ,il me rapellait comment Dieu est présent et ce qu’il fait de bon pour nous . Quelques fois nous sommes allé en revenant prier à la Cathédrale, ce qui m’impressionnait énormément. Évidemment si je brisait quelque chose par étourderie alors j’avais droit à une Sainte Colère de sa part. Ca ne durait jamais longtemps et ensuite il venait s’excuser de m’avoir parlé fort. S'il avait vu quand mon père lui se choquait , grand-père n’aurait même pas pris la peine de venir s’excuser tant c’était bénin.
Je me retrouvait parfois de longues heures à jouer tout seul , je me trouvais alors des jeux assez étonnant. Une fois j’étais assis à la table de cuisine à lire une bande dessinée qu’on était allé emprunter à la bibliothèque ma grand-mère et moi quand j’ai inventé un nouveau jeux. J’avais trouvé un dés sur la table et je le manipulais tout en lisant. Je décide de me prendre un verre de lait , je dépose le dés puis mon livre sur la table. Le hasard fait tomber le livre juste sur le coin du dé. Je reviens avec mon verre de lait et en m’assoyant je m’appuie sur le livre. Le dé se trouve projeté dans les airs. J’ai découvert qu’en pressant violemment sur le coin du dé je pouvais le projeter à une bonne hauteur. Le livre s’est transformé en obstacle à franchir. Après quelques minutes du jeux je me suis retrouvé avec le bout du doigt tout échauffé.
C'étais des moments simples mais comme empreint d'un halo de tendresse et de magie. Je crois tout simplement qu'à ces moments là je savais qu'on m'aimait !!! Je crois que les souvenirs heureux avec des Grands-Parents ca ressemble toujours à ca......

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